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Message du President au CNP
Message du President au CNP
ASSISES NATIONALES

MESSAGE DU PRESIDENT AU CNP DU 13.11.2010

Je regrette que des circonstances indépendantes de ma volonté m’aient tenu éloigné du pays depuis si longtemps et m’empêchent aujourd’hui d’être parmi vous. Si éloigné que j’ai été, je n’en ai pas été moins tenu régulièrement au courant de la situation et des travaux au sein des Assises.

De même, j’ai suivi régulièrement l’évolution de la situation dans le pays. J’ai rencontré, par ailleurs, pendant cette période, différents membres des Assises et ai été en contact permanent avec le Secrétariat Exécutif à Dakar et le Comité de pilotage de Paris. Aussi, c’est avec mon plein accord qu’a été convoquée la présente réunion du CNP.

Ainsi, je voudrais, en tout premier lieu, saluer toutes les parties prenantes aujourd’hui présentes à cette réunion, et remercier tous les membres des Assises qui m’ont téléphoné pour s’enquérir de mon état de santé, soit depuis le Sénégal, soit à leur passage à Paris. Je voudrais également rassurer les uns et les autres sur ma santé qui est maintenant rétablie, si bien que mon retour au Sénégal est prévu dans la deuxième quinzaine du mois de décembre prochain après ma participation à une réunion internationale prévue à Paris en décembre.

Pendant mon absence, le groupe chargé de la mise au point définitive du Rapport général a pratiquement achevé son travail. Je dois une fois de plus remercier ses membres et tous ceux qui leur ont apporté leur concours, en particulier Momar Coumba Diop, avec lequel j’ai eu souvent des échanges soit directement soit par l’intermédiaire de notre très dévouée Secrétaire Exécutif Ndella Ndiaye.

J’ai suivi aussi les activités des plateformes dont les membres doivent être félicités pour le travail accompli même s’il reste encore quelques finalisations. Nous avons maintenant un projet de constitution qui est le résultat du travail accompli par les constitutionnalistes et les membres de la plateforme sur les institutions. C’est donc l’œuvre commune des différentes composantes des parties prenantes aux Assisses : partis politiques regroupés au sein du Benno ou évoluant en dehors de celui-ci, ayant adhéré aux Assises et signé la Charte, organisations de la société civile, personnalités diverses ayant adhéré à titre personnel aux Assises, et les contributions venues de la Diaspora.

Une fois que chaque partie prenante aura formulé par écrit ses observations en se fondant sur les engagements contenus dans la Charte de gouvernance démocratique, nous aborderons la phase finale de son adoption, qui en fera le texte issu d’un consensus global des Assises et que celles-ci pourront soumettre à l’appréciation du peuple Sénégalais. Ainsi, sera concrétisée dans les faits, la volonté de rupture et de refondation de nos institutions, exprimée dans la Charte de gouvernance démocratique librement adoptée et signée par les différents membres des Assises. Le peuple sénégalais pourra alors apprécier notre fidélité à nos engagements. Il faudra par la suite poursuivre la popularisation de la Charte et celle des nouvelles institutions issues du projet de constitution.

C’est le moment de souligner que les Assises nationales ont constitué un grand tournant dans l’histoire politique du Sénégal. C’est grâce à la dynamique qu’elles ont créée que les citoyens ont pu se mobiliser lors des élections locales pour atteindre les résultats que l’on sait. A l’occasion de ces élections, une véritable conscience politique citoyenne s’est manifestée. Il ne faut pas qu’un mouvement d’une telle ampleur soit déçu. Il appartient à tous les membres des Assises d’agir ensemble pour que le mouvement s’amplifie. Ils ne peuvent le faire qu’en renforçant leur unité dans le respect du code de conduite auquel chacun d’entre eux a souscrit et en expliquant de façon claire, l’enjeu des engagements pris dans le cadre de la Charte. C’est le moment de regretter que le travail de diffusion et d’explication de la Charte n’ait pas été fait comme on l’avait prévu au moment de son adoption. C’est également le lieu de regretter les polémiques qu’on a pu lire dans la presse. Croire que tout est joué sur le plan électoral serait une grave erreur. Et les déconvenues seront grandes si chacun, croyant à son étoile, faisait cavalier seul alors que les tâches à accomplir sont énormes et nécessitent un consensus très large et une action commune de tout notre peuple, dans la transparence la plus totale.

Je voudrais donc pour terminer ce message, lancer un appel à toutes les parties prenantes pour qu’elles surmontent les démons de la division et pour qu’elles préservent l’unité obtenue au sein des Assises entre les partis politiques, les organisations de la société civile et les personnalités diverses ayant adhéré individuellement aux Assises. Aucune de ces composantes ne doit être mise devant le fait accompli, car aucune d’entre elles n’accepterait de se soumettre à la volonté de qui que ce soit surtout quand cette volonté semble avoir pour effet de dévier des engagements souscrits en commun.

C’est le lieu de souligner que la politique au sens large du terme n’est plus l’apanage des seuls partis constitués. L’émergence de larges mouvements citoyens et d’une conscience citoyenne de plus en plus marquée, témoigne d’une volonté des citoyens d’exercer leurs prérogatives librement dans ou hors des partis constitués. Plus que jamais, la refondation du pays exige donc d’oeuvrer en commun par le renforcement des différentes structures de suivi des Assises et par une large information des citoyens sur les enjeux que représentent la Charte de Gouvernance Démocratique, et demain le Rapport général, le projet de constitution et les conclusions issues des différentes plateformes. Salut fraternel et meilleurs vœux de succès. A bientôt




AMADOU MAHTAR MBOW